01Mar2014
DECLARATION DU SECRETARIAT EXECUTIF DE LA RND A PROPOS DE LA CNRI

Le Secrétariat exécutif (SE) du Rassemblement National Démocratique (RND) salue la publication des résultats des travaux de la Commission Nationale de Réforme des Institutions (CNRI) et tient à féliciter son Président, Amadou Mahtar Mbow et tous ses membres pour la qualité et la pertinence du travail accompli.


Nullement surpris par la vague artificielle de polémique futile soulevée en particulier par les dispositions plutôt  mesurées et judicieuses proposées dans l’avant-projet de Constitution, le SE se réjouit au contraire qu’un débat public contradictoire de fond soit enfin ouvert sur les vrais enjeux de la réforme des institutions initiée par le Président Macky Sall, à savoir la refondation d’un Etat digne de ce nom.

Dans ce cadre, le RND, conscient de son rôle majeur dans l’avènement du pluralisme politique, syndical et médiatique au Sénégal, estime devoir apporter une contribution spécifique à ce débat critique désormais ouvert sur le contenu et les modalités du processus de transition pacifique d’un ancien régime autocratique et néocolonial vers une république de type nouveau, réellement patriotique et souverain, authentiquement démocratique et populaire.

Il convient tout d’abord  de rappeler les termes de la résolution finale du Comité Directeur (CD) extraordinaire du 28 août 2012, instance suprême du Parti entre deux congrès, au lendemain de la chute de l’imposteur Abdoulaye Wade : constatant que « La défaite cuisante et humiliante que lui ont infligée les forces vives du pays doit être parachevée par le démantèlement total du système Wade, ce mélange détonant d’impéritie et d’incurie, de corruption épidémique et de soumission servile à l’étranger », le CD avait réitéré des propositions bien connues du Parti,  notamment,                            

    « la mise en accusation de l’ex- président Wade devant la Haute Cour de Justice pour un double flagrant délit de haute trahison [son aveu du financement de la rébellion separatist armée du MFDC en Casamance et son infâme « mission à Benghazi » pour le compte de Sarkozy et de l’OTAN],
     l’appel à  tous les députés issus de parties prenantes aux Assises Nationales à respecter leur engagement envers la Charte de Gouvernance Démocratique, en prenant l’initiative d’une loi constitutionnelle portant suppression de ce Sénat inutile et budgétivore. Ceci, à titre de mesure conservatoire, en attendant le débat populaire en langues nationales, autour du projet de révision constitutionnelle, qui devra nécessairement précéder la tenue du référendum,.
    l’opposition absolue du RND à tout cumul des fonctions de Chef d’Etat et de chef de Parti, d’autant que les Assises nationales l’ont formellement rejeté, comme l’une des causes principales  de mauvaise gouvernance, à l’origine de toutes les perversions du principe démocratique et républicain. Un recul sur ce point essentiel serait inacceptable. »

 Le CD affirmait en conclusion que: “seule une pareille rupture d’avec les mauvaises habitudes de pouvoir personnel et d’impunité, héritées du passé et ayant engendré la stagnation et la régression du pays, serait susceptible de redonner confiance et espoir à nos concitoyens majoritairement désabusés sinon dégoutés par les turpitudes des politiciens professionnels.”

                              

Aujourd’hui, plus que jamais, le RND estime que les problèmes politiques sont les problèmes de tout le monde et que les problèmes de tout le monde sont des problèmes politiques ; dès lors les questions constitutionnelles discutées actuellement sont beaucoup trop sérieuses pour être laissées aux mains des seuls politiciens professionnels, ou, a fortiori, des magistrats et autres juristes plus ou moins experts en la matière !

 Considérant par ailleurs que l’avant-projet de Constitution élaboré par la CNRI est non seulement conforme, pour l’essentiel, à l’esprit aussi bien qu’à la lettre de la Charte de Gouvernance démocratique des Assises Nationales (dûment signée- est-il besoin de le rappeler- sans aucune réserve écrite, par chacune des parties prenantes) et qu’il reflète fidèlement, de surcroît, la volonté consensuelle de la grande majorité de nos compatriotes, le SE proclame son accord de principe et son soutien sans réserve à l’ensemble de ses dispositions prises comme une totalité organique qu’on ne saurait débiter en tranches, sous peine de nullité de l’exercice.

C’est pourquoi le RND invite solennellement  le Président de la République, donneur d’ordre en l’occurrence, à le convertir en projet de Constitution et à le soumettre tel quel à la sanction du suffrage populaire par voie de référendum dans les meilleurs délais.  Car, telle est la voix de la sagesse, celle de l’intérêt général, la seule et unique voie capable de préserver la paix civile ainsi que la stabilité politique et susceptible de créer les conditions d’un véritable développement endogène,  économique, social et culturel, qui puisse être bénéfique pour l’ensemble du pays et tous les Sénégalais.Ku bëreey dàan ! Dakar, le 24 février 2014Pour le Secrétariat exécutif  Le Secrétaire général Dialo Diop



 
 





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